
Les prêts révisables
Les prêts à taux révisables, longtemps boudés
par le public, représentent aujourd'hui près d'un tiers souscrits par les ménages. Ce
sont des prêts beaucoup plus techniques qui ne doivent pas être choisis en fonction du
seul critère du taux d'intérêt
Principe général :
Le prêt révisable est un prêt dont le taux d'intérêt est variable en fonction d'un
taux de référence, un peu comme les loyers sont révisables en fonction de la variation
de lindice INSEE du coût de la construction.
Il en résulte que si le taux de référence augmente, le taux d'intérêt du prêt
augmente. Si le taux de référence diminue, le taux d'intérêt du prêt baisse.
Selon le prêt choisi, la variation du taux d'intérêt pourra se répercuter soit sur la
mensualité, soit sur la durée du prêt et sur les deux pour certains prêts révisables
complexes.
Le prêteur partage avec l'emprunteur l'aléa de l'évolution des taux d'intérêt au lieu
de le supporter seul. La contrepartie de ce partage du risque est un taux d'intérêt
proposé moins cher que celui d'un prêt à taux fixe.
C'est parce que le taux d'intérêt est déterminé en fonction d'une valeur de
référence que les prêts révisables sont aussi appelés prêts référencés.
1. Fabrication d'un prêt révisable :
Le taux d'intérêt du prêt est égal à la somme du taux de référence et de la marge
prise par l'établissement prêteur.
Attention le terme "marge" ne signifie pas "marge bénéficiaire" mais
il désigne l'ensemble des coûts de production des prêts, parmi ceux-ci la marge
bénéficiaire prise par le prêteur, mais aussi les coûts de distribution du produit, le
coût du risque lié à ce type de prêt, etc.
La formule simplifiée du taux du prêt révisable est donc: Taux = Taux de référence +
marge
Le taux de référence est généralement un indice monétaire tel que le TIOP 3 mois, le
TIOP un an (TIOP = Taux interbancaire offert à Paris . PIBOR en anglais -) ou, moins
fréquemment, le T4M, encore appelé TMM (Taux moyen mensuel du marché monétaire)
2. Des taux des plafonds et des indices :
selon le type de prêt, le taux d'intérêt sera plafonné à la hausse. selon la
terminologie utilisée par les prêteurs, on parlera de prêt à taux plafonné ou encore
de prêt " capé ".
En revanche le terme de butoir ne concerne en principe pas les modes de limitation du taux
mais correspond à des limitations de la mensualité (Cf le chapitre " des prêts
révisables originaux ")
La marge prise par le prêteur est différente selon le degré de sécurité du prêt
révisable que celui-ci propose à l'emprunteur.
Ainsi un prêt sans sécurité, c'est à dire un prêt sans cap ou encore un prêt sans
plafond de taux à la hausse, est un prêt pour lequel la totalité de l'aléa a été
transmise à l'emprunteur. A aléa maximum, marge minimale, c'est à dire environ 1% à
1,5%.
En revanche le plafond de taux, c'est à dire le " cap " a un coût pour le
prêteur. Le prêt " capé " nécessite donc une marge plus importante et donc
un taux d'intérêt plus élevé que le prêt non capé.
Plus les butoirs sont faibles et plus la sécurité est forte. Si l'aléa lié au taux
diminue la marge est alors plus forte et on se rapproche alors des taux d'intérêt des
prêts à taux fixe.
Dans l'état actuel des choses et d'une manière très schématique et non différenciée,
le TIOP se situant aux environs de 3,50%, on peut estimer qu'un prêt offert à 4,5% est
un prêt non sécurisé (ou un prêt à taux d'appel, voir ce paragraphe), un prêt offert
à moins de 5,50% est un prêt assorti de " caps " hauts +2% ou +3%, un prêt
offert autour de 6% est un prêt assorti de " caps " bas +1,30% à 1,50%.
. Exemple concret: Un prêt de 5% avec un "
cap " de 1,50% ne pourra quoi qu'il arrive voir son taux d'intérêt dépasser 6,50%.
L'intérêt principal des " caps " est
de bloquer à la hausse l'évolution du taux d'intérêt. Certains prêts comportent aussi
des " caps" à la baisse. Mais la plupart des prêts révisables n'ont pas de
" cap " à la baisse.
3. A propos des pénalités de remboursement
anticipé :
La plupart des prêts, révisables ou non sont assortis d'une pénalité de remboursement
anticipé. Ces pénalités sont prévues dans le contrat de prêt.
La tendance a longtemps été l'absence de pénalité de remboursement anticipé dès que
les prêts étaient à taux révisables. Cette pratique tend à s'inverser avec une
généralisation des pénalités à l'exception des prêts révisables non " capés
" qui dans leur majorité demeurent libres de toute pénalité.
Dans l'état actuel de la pratique, le prêt révisable non capé peut donc être un
substitut intéressant au prêt relais.
4. A propos des taux d'appel :
le taux d'appel constitue un abaissement artificiel et éphémère du taux d'intérêt du
prêt. Le taux proposé selon la formule Taux = TIOP + Marge intègre une marge très
basse pour une duré courte, 6 ou 12 mois.
Par exemple Taux = TIOP 3 mois + 0,50% de marge = 4,18% (TIOP 3 mois=3,68%)
Mais le prêt est révisé sur une base de révision différente de la base initiale, par
exemple TIOP + 2%. Cela signifie qu'à la date de révision, et sans évolution de
lindice le taux d'intérêt passera de 4% à TIOP + 2 = 5.68%.
Le taux d'intérêt proposé masque donc la réalité du prêt. Ces prêts susceptibles
d'induire l'emprunteur en erreur ont été proposés à grand renfort de publicité,
principalement par des établissements prêteurs étrangers (anglo-saxons) implantés à
Paris et dans quelques très grandes métropoles régionales.
Mais, ils ne sont peut être pas les seuls et quel que soit le prêteur, il sera prudent
de vérifier que le mode de révision est bien parallèle au principe d'élaboration du
taux initial
5. A propos du passage à taux fixe :
Certains prêts révisables contiennent dans leurs modalités la possibilité d'une
conversion en prêt à taux fixe.
Le passage à taux fixe seffectue sans pénalité comparable à la pénalité pour
remboursement anticipé. Mais cela n'est pas pour autant indolore.
En effet il y a modification de la charge de l'aléa du taux d'intérêt, qui n'est plus
partagé par le prêteur et l'emprunteur, mais supporté par le prêteur seul. Cette
modification de la " règle du jeu " entraîne inévitablement une modification
des règles de calcul du taux d'intérêt. Le taux d'intérêt sera égal à TIOP + une
marge forte.
Il pourra être égal aussi à TLSP + marge. TLSP étant un taux à long terme d'une
valeur proche actuellement de 5.80%~TLSP = Taux à Long terme du Secteur Public). Une
autre valeur est utilisée pour fixer le taux d'intérêt du prêt en cas de passage à
taux fixe; il s'agit du TME (Taux Moyen des emprunts d'état à 7 ans et plus).
Cela signifie qu'un emprunteur avisé pourra demander le passage à taux fixe quand les
taux sont bas. En revanche, céder à la crainte quand les taux remontent conduira
immanquablement à figer le prêt converti en prêt à taux fixe à un taux d'intérêt
élevé.
6. Variation de la mensualité ou variation de la
durée :
La révision du taux peut se répercuter sur la mensualité ou sur la durée du prêt.
Certains contrats de prêt fixent autoritairement qui de la mensualité ou la durée
variera en fonction des évolutions du taux d'intérêt.
D'autres contrats de prêt laissent à l'emprunteur la faculté de choisir entre la
répercussion de la variation du taux sur la mensualité ou sur la durée du prêt.
Le choix n'est pas facile et de simples considérations de confort sont insuffisantes pour
répondre à cette question.
Des critères plus objectifs sont les suivants: